Comment rédiger une lettre de démission

On me demande souvent comment rédiger une lettre de démission.

En fait, c’est très très simple (trop simple ?).

Voici le mode d’emploi (express) de ce qu’il faut faire et ne pas faire.

En introduction, la démission est un acte de rupture de contrat unilatéral :

  • Vous seuls pouvez décider de démissionner ;
  • L’employeur n’a pas besoin d’être d’accord (en d’autres termes, il ne peut pas « refuser » votre démission).

Chapitre 1. La forme de la démission

Section 1.1. Le contenu

Vous devez simplement signifier à votre employeur une volonté de rupture du contrat qui ne laisse pas la place au doute.

Ainsi, dites simplement « Je vous présente, ce jour, ma démission du poste XXX » .

C’est tout !

Et ne vous amusez surtout pas à mettre les phrases que l’on peut trouver sur Internet, comme « Selon l’article XXX, je ferais mon préavis » ou « Je souhaite être libéré de mes obligations professionnelles à la date du XX/XX/XX »… Car :

  1. Ça ne sert vraiment à rien :
    • ce sont des évidences légales/conventionnelles (périodes de préavis… ) ;
    • au pire vous le direz par oral.
  2. Dans des cas particuliers, cela peut se retourner contre vous.

Donc soyez bref et efficace : « Bonjour – Je démissionne – Au revoir » !

Section 1.2. La notification à l’employeur

Maintenant, que vous savez ce que vous devez écrire dans votre lettre de démission, apprenez qu’il n’existe pas de méthode obligatoire pour la faire parvenir à votre employeur : par pigeon voyageur, par LRAR, en main propre, par oral, par écrit, par signaux de fumée…

Bref vous faites ce que vous voulez ! Néanmoins, pour des raisons de preuves, il est assez évident qu’il faut éviter les signaux de fumée : un écrit sera donc le bienvenu !!

Et comme, il est important que vous conserviez une trace de la notification (car c’est à partir de cette date que votre préavis court), je vous conseille fortement, soit une LRAR soit une remise en main propre à votre employeur en deux exemplaires contre-signés par lui (et datés s’il vous plait).

Ce qui implique :

  • qu’il ne peut pas exiger de votre part une transmission par LRAR !!
  • que sa signature n’est pas un accord de sa part (car c’est vous qui décidez quand vous démissionnez) mais simplement une preuve qu’il en a connaissance. Je me permets de contredire ici un syndicaliste qui m’affirmait que la LRAR serait mieux qu’une remise en main propre car les démissions remises en mains propres peuvent être « signées sous la contrainte« … Je suis resté pantois, il faut bien le dire… Si on veut démissionner, on le fait, il n’y a pas besoin de contraindre qui que ce soit. Je ne vois pas comment un employeur pourra dire qu’il a signé sous la contrainte une lettre de démission d’un de ses employés…

Chapitre 2. Ce n’est pas une démission

Comme c’est vous qui décidez de rompre ou non votre contrat de travail, cela implique que :

  • La démission donnée sous la contrainte ou la menace est en fait un licenciement.
  • L’absence injustifiée du salarié ou l’abandon de poste ne peut être assimilée à une démission. C’est seulement après une mise en demeure restée sans réponse que l’employeur pourra constater la démission.
  • La démission donnée lors d’un mouvement d’humeur, etc. peut être annulée rapidement par le salarié (et l’employeur ne peut pas refuser le retrait de la démission).

Simple, non ?

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13 commentaires

  1. Bonjour à tous et à toutes,

    Est-ce qu’il faut envoyer cette lettre de démission en courrier recommandé pour que cela soit légal ?

  2. J’ai quelques questions complémentaires, notamment sur la période de 3 mois de pré-avis. Est-ce 3 mois calendaires ? 12 semaines ouvrés ?

    • Bonne question :)

      Premièrement, la durée de la période de préavis n’est pas nécessairement de 3 mois. En effet, la loi renvoie juste aux usages ou aux conventions collectives pour la fixer (enfin pour être exact sauf certaines professions comme les assistantes maternelles ou les journalistes … mais bon) … Par exemple, dans la convention SYNTEC, la période de préavis est effectivement de 3 mois, sauf si le contrat prévoit plus.

      Deuxièmement, il est assez habituel qu’elle soit comptée en mois calendaires (c’est à dire, si vous notifiez votre démission le 15 janvier et que votre préavis est de trois mois, la date effective de la rupture conventionnelle est le 15 avril, même si le mois de février n’a que 28 jours :) )

  3. Et comment écrire DEUX lettres de démission siouplaît ?
    Oui, j’en ai déjà écrit une en mai dernier, mais si je devais en écrire une 2e ? Bon, ok, c’est nul, comme blague…
    Réponse évidente : tu écris la même, crétin !

    Ce faisant, on évacue néanmoins toute la difficulté qu’il y a à réduire cet acte à une pure formalité. Comment ne pas être frappé de ce que les choses les plus engageantes (ou, en l’occurrence, désengageantes) nécessitent si peu de mots ?
    Cas extrême : ce « oui », prononcé devant le maire (ou un ministre d’un culte). Une seule syllabe… Aucune variation permise.

  4. Si je comprend bien, l’envoi d’une démission par email avec avis de lecture, peut être une bonne méthode, la date de la lecture étant (raisonnablement) démontrée.

    Bon, bien sûr, si on est par ailleurs l’administrateur des serveurs de l’entreprise, et que l’on a un don de hackeur reconnu, il vaudra mieux éviter !

    • Malheureusement, l’e-mail est rarement une bonne méthode.

      En effet, le juge considère que la réponse à un mail ou l’accusé de réponse ne constitue pas une preuve suffisante. A l’occasion, je ferai un article explicitant ce point plus en détail

  5. Bonjour,

    Le dernier point m’interpelle :
    « La démission donnée lors d’un mouvement d’humeur, etc. peut être annulée rapidement par le salarié (et l’employeur ne peut pas refuser le retrait de la démission). »

    On parle ici de mouvement d’humeur pour signifier une condition particulière ou bien un employé peut annuler sa démission comme bon lui semble n’importe quand durant la période du préavis (donc même la veille de la fin du préavis) ?

    • Le terme « rapidement » sera apprécié par le juge s’il y a un contentieux avec l’employeur.
      De plus, il sera probablement nécessaire de bien étayer la raison de ce mouvement d’humeur (humiliation, fatigue …) pour justifier que la démission ne reflétait pas réellement une intention de votre part mais plus une action de « révolte ».

  6. Petite subtilité concernant la date de début de préavis: dans mon cas, apres m’etre renseigné, j’avais écris qqchose comme :  » Comme je vous l’ai annoncé verbalement le xx/xx/20XX (2 semaines avant cette lettre de démission) je vous presente ma démission… ». Mon employeur ayant signé cette lettre de démission, mon préavis courrait déja depuis 2 semaines. Assez pratique quand on est pressé de partir ! :D

    Alexis

    • Effectivement, c’est une bonne idée.
      Comme la lettre sert de preuve à la démission, si vous souhaitez rajouter des éléments destinés à acter un point particulier avec votre employeur vous pouvez.
      Néanmoins, s’il n’est pas d’accord, il pourra refuser de signer (bien entendu).

      • plus on rajoute de trucs de toute façon plus on a des chances d’avoir un employeur qui dira « ben non je signe pas » s’il y a des trucs qui l’implique.

        enfin perso demander à être libéré plus tôt par écrit est quand même un must quand tu veux changer de boîte rapidement! (parce qu’en général légalement tu es tenu de ne pas occuper deux postes de salaires équivalents simultanément – il faut qu’un des postes « rapporte » moins de 20 % du total de mémoire)

        cela dit rien n’empêche de faire une deuxième lettre séparée pour négocier un départ anticipé (poser déjà sa démission « non négociable » étant le préalable).

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