Les radars routiers en pratique

Mise à jour : 1 juin 2011

Il faut noter que les avertisseurs radars GPS seront bientôt interdits... Il n'y a pas encore de textes officiels mais cela semble inéluctable !

Alerte RadarMais comment les radars fonctionnent-ils ? Peut-on les détecter ?

Durant un trajet Paris-Montélimar, je me suis posé un certain nombre de questions (il est vrai que j’avais le temps)…

Je vais essayer de vous expliquer les fondements légaux et technologiques de ces petits bijoux qui suscitent tant de divisions parmi les automobilistes : « Encore un moyen de nous voler notre argent ! ! » ou encore « une avancée incroyable pour la sécurité routière ! ! » .

Chapitre 1. Le fonctionnement des radars

Section 1.1. Introduction à l’effet Doppler

L’effet Doppler est très simple et surtout, vous l’expérimentez tous les jours ou presque.

Prenons un exemple. Vous observez une voiture qui se rapproche de vous à grande vitesse (par exemple sur l’autoroute ou en regardant la F1 à la télévision) et lorsque la voiture passe devant vous, le bruit de son moteur change de tout au tout :

  • Lorsque elle se rapproche, le son est assez aigu ;
  • Lorsque elle s’éloigne, le son est plus grave ;

Voici une petite vidéo1 que j’ai trouvé sur Youtube pour illustrer ce phénomène.

Section 1.2. Les radars à effet Doppler

Le principe des radars à effet Doppler est exactement le même.

Une onde électro-magnétique est émise en direction d’un véhicule mobile et se réfléchit sur lui.

L’onde sera a alors « compressée » par le véhicule et sa fréquence réfléchie sera alors supérieure à sa fréquence d’émission.

Soit :

  • Latex formula la vitesse de propagation de l’onde électromagnétique (c’est en fait la vitesse de la lumière soit 299 792 km/s) ;
  • Latex formula la vitesse du véhicule ;
  • Latex formula la fréquence de l’onde émise par le radar ;
  • Latex formula la fréquence de l’onde reçue par le radar en retour ;

Nous aurons la relation suivante qui lie la fréquence d’émission et celle de réception :

Latex formula

Ainsi pour prendre un exemple concret, imagions que la fréquence soit 24,125 GHz et que le véhicule se déplace à 130 km.

Latex formula

Il va sans dire que cette technique, bien que réalisable sur le papier, est complexe à mettre en œuvre du fait de la trop faible différence entre les fréquences d’émission et de réception. L’électronique aura du mal à être suffisamment précise.

Section 1.3. Amélioration : Les radars à effet Doppler pulsé

Devant cette difficulté, les ingénieurs, qui ne manquent jamais d’idées, ont imaginé d’autres procédés.

Une solution proposée est l’utilisation de trains d’onde. Un train d’onde est l’émission successive d’une pulsation électromagnétique à une fréquence fixée.

Train d'ondesL’avantage de cette technique est double :

  • Elle permet de connaître la distance du véhicule au radar ;
  • Il existe des solutions électroniques afin de connaître la vitesse du véhicule ;

Tout d’abord sur la distance. Pour éviter de se tromper, il est nécessaire que l’onde réfléchie revienne au radar avant qu’un nouveau train d’onde en soit émis. Ainsi la distance maximale « sondable » est de Latex formula avec Latex formula la durée entre 2 train d’ondes.

Concernant la vitesse du véhicule, un dispositif électronique calcule la différence de phase entre deux paquets d’onde réfléchis. Nous avons alors Latex formula avec Latex formula la longueur d’onde de réception du train d’onde.

Section 1.4. Point d’attention sur la vitesse

En fait, la vitesse mesurée est la vitesse radiale du véhicule. L’angle que forme l’axe de propagation de l’onde et l’axe de déplacement du véhicule est donc important.

Nous avons Latex formula

En France, les radars sont configurés avec un angle de 25°.

Et cet angle est très important ! ! En effet, un rapide calcul de coin de table montre qu’une erreur de 1 % ou 2 % peut avoir des conséquences importantes quant à la mesure :

Latex formula

De plus, il paraitrait (de sources non vérifiées) qu’expérimentalement l’écart est encore plus important…

Chapitre 2. Les bases légales des radars

Section 2.1. Un peu d’histoire

En fait la première limitation de vitesse date de 1873. Louis Lépine, alors préfet de Paris, prend un arrêté disposant :

Ce maximum ne devra pas excéder 12 kilomètres à l’heure, dans Paris et dans les lieux habités ; il pourra être porté à 20 kilomètres, en rase campagne, mais ce dernier maximum ne pourra être admis que sur les routes en plaine, larges, à courbes peu prononcées et peu fréquentées. Ces maxima ne pourront jamais être dépassés ; le conducteur du véhicule devra même, à toute époque, réduire les vitesses de marche au-dessus des maxima lorsque les circonstances le demanderont.

Nous sommes finalement bien lotis, non ?

Aujourd’hui, cette vitesse a été considérablement relevée mais reste fortement liée à la mortalité sur les routes (voir graphique ci-dessous). C’est pourquoi, les gouvernements successifs ont renforcé les contrôles de vitesses.

Nombre de Mort à cause des accidents de circulation

En 1946, le premier radar mobile fut expérimenté par le ministère de l’intérieur et le 27 octobre 2003, les premières pierres d’un dispositif autorisant les radars automatiques furent posées.

Section 2.2. Tolérance de mesures

Il est clair que la précision de la mesure de Latex formula et de Latex formula ne peut pas être infinie. Ainsi, une imprécision sur la mesure de la vitesse est à prévoir.

L’arrêté du 4 juin 2009 relatif aux cinémomètres de contrôle routier2 fixe les limites de cette imprécision dans son article 5 et 6 :

  • pour les cinémomètres à poste fixe :
    • plus ou moins 3 km/h, pour les vitesses inférieures à 100 km/h ;
    • plus ou moins 3 % de la vitesse, pour les vitesses égales ou supérieures à 100km/h ;
  • pour les cinémomètres installés dans un véhicule en mouvement :
    • plus ou moins 7 km/h, pour les vitesses inférieures à 100 km/h ;
    • plus ou moins 7 % de la vitesse, pour les vitesses égales ou supérieures à 100 km/h.

Section 2.3. Obligation de révision

L’article 203 de ce même arrêté précise qu’une révision annuelle devra être effectuée par un organisme désigné à cet effet par le ministre chargé de l’industrie.

Il est important de souligner que l’article 36 du décret du 3 mai 20014 précise que les organismes désignés doivent « être indépendants de toute personne ayant un intérêt direct ou indirect dans les instruments de mesure » , autrement dit, cette révision annuelle ne peut être effectuée par le constructeur lui même (je le souligne, car nombre de radars sont entretenus par SAGEM, constructeur de ces dits radars).

Section 2.4. Contraintes d’utilisation

Si l’angle de mesure des radars est positionné avec attention pour les radars automatiques, nous ne pouvons pas dire la même chose pour les radars embarqués ou mobiles (même si on les appelle aussi à postes fixes dans les différents textes). Il faut dire que ce n’est pas si simple :

  • Les routes ne sont pas toute droite ;
  • L’angle de 25° est l’angle que doit former le rayonnement électromagnétique et la voiture à l’endroit où elle est flashé (et non pas le rayonnement et la route à l’endroit ou le radar est posé) ;
  • Quelques degrés changent complément la mesure.

Bref, c’est pas si simple de positionner correctement un radar au demi-degré près !

Attention !!PS : Les radars « jumelles » ou lasers n’ont pas cette contrainte car elles doivent être utilisées avec un angle de 0°.

Section 2.5. Interdiction de détection

Il faut savoir que les radars ne sont pas très discret. En effet, ils émettent des ondes électromagnétiques sur une fréquence très précise et donc il est simple de les détecter une centaine de mètres avant.

Cela ne signifie pas que l’on a le droit !

En effet, l’article R413-15 du code de la route5 dispose :

Le fait de détenir ou de transporter un appareil, dispositif ou produit de nature ou présenté comme étant de nature à déceler la présence ou perturber le fonctionnement d’appareils, instruments ou systèmes servant à la constatation des infractions à la législation ou à la réglementation de la circulation routière ou de permettre de se soustraire à la constatation desdites infractions est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe.

Ainsi, cet article interdit de détecter des radars ou de perturber leur fonctionnement mais il reste possible d’user d’un outil signalant ceux-ci par GPS par exemple (car ce n’est pas une détection ni une perturbation)

L'URL courte pour partager cet article est: https://sedlex.fr/dyQXg

7 commentaires

  1. Bonjour,

    Et que dire si le véhicule flashé n’a pas une trajectoire parallèle à la route ?
    Surprenant à première vue, mais c’est pourtant ce qui m’est arrivé récemment !
    Je m’explique : circulant en moto sur la voie de droite d’une 2×2 voies, à quelques kilomètres de Montpellier, j’ai dû faire soudain une belle embardée vers la gauche pour éviter la menace d’un chien errant !
    Un radar mobile placé là (à 500 mètres d’une zone « autoroute » grillagée, mais encore en zone 110 non grillagée) m’a flashé au moment où je roulais donc presque dans l’axe radial du radar : l’angle de 25 (23 ?) degré pour lequel ces radars sont calibrés était soudain bien moindre ! D’au moins une bonne dizaine de degré ! Si j’ai bien compris, ma vitesse a donc dû être surévaluée de manière conséquente !
    Pour moi, j’étais à environ 115-120 compteur, donc un peu moins en vitesse réelle . Le PV m’annonce une vitesse instantanée de 140 ramenée à 133 (-5%). Il reste quand même 20km/h de différence…
    Est-ce que cet écart peut venir de cet angle de visée trop faible ?
    Ou est-ce que je me fais des idées quant à ma vitesse ?…
    Merci !

    • Si vous me dites que le radar était à 500m, cela signifie probablement que c’était un radar « laser », non ? Or les radars lasers ont un angle de 0°… Ce qui signifie qu’une embardée vers la gauche ne peut que diminuer la vitesse constatée par le radar.

      • Merci pour la réponse.
        Je ne croyais pas m’être si mal exprimé. Je voulais juste dire pour l’anecdote et le débat sur les choix de leur emplacement que le radar était placé 500 mètres avant le début d’une zone autoroutière limitée à 130 km/h, là où les conducteurs ont tendance à commencer d’adopter la vitesse  »autoroute ».

        Concrètement,d’après le PV, il s’agissait d’un petit radar mobile de type 210C (MESTA) – 00620. Il était juste derrière la rambarde de sécurité,. Je suis donc passé à quelques mètres de lui, et le chien a déboulé à peine plus loin de la droite. Il s’agit à mon avis d’un de ces modèles dont le bon fonctionnement implique un angle précis de visée…
        Yvan

        • Aaahhhhhhhh … pardon ! J’avais mal lu … Oui effectivement ce modèle suppose un angle précis de 25° !

          Une embardée peut en effet modifier la vitesse « perçue » par le radar … cela est clairement envisageable !!
          Cependant dans votre cas, vous estimez que la surévaluation serait de 20km/h pour une vitesse de 110km/h soit une surestimation de 18%. Or, il faut que votre embardée ait modifié votre trajectoire d’environ 17° (sous réserve de la validité de mes calculs 🙂 ) : ce qui est beaucoup à 110km/h … mais peut-être réalisable en moto !

  2. Retour à l’actualité, les avertisseurs de radars vont devenir interdit incessamment sous peu.
    Comment les forces de l’ordre vont elles pouvoir vérifier dans nos GPS/téléphone/PDA/autre si un tel dispositif est présent ?
    Et, en ont elles le droit ?

    • J’aurais tendance à répondre non à votre question… Pour le faire, ils ont besoin d’un accord de votre part ou d’une autorisation d’un juge… autant dire que dans le premier cas, vous pouvez refuser ! (et que le deuxième cas est fortement improbable)

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