Les tags dits « propres »

En déambulant dans la rue, je suis tombé sur un concept que je ne connaissais pas : le « clean-tagging » ou « tag propre » en français… Mais qu’est ?

"Clean Tagging" par Paul Curtis (CC Dennis Yang)

« Reverse Tagging » par Paul Curtis (CC Dennis Yang1)

Chapitre 1. Définition

Le concept de tag propre se décline, en réalité, sous plusieurs formes :

  • le « Reverse-Tagging2 » ou « Water-tagging » : l’idée est de nettoyer un trottoir ou un mur sale à l’aide d’un pochoir et d’un karcher (jet d’eau haute-pression). La forme du pochoir permettra d’afficher le message souhaité ;
Reverse Tagging (CC Pirátská strana)

Reverse Tagging (CC Pirátská strana3)

  • le « Chalk-Tagging » ou « Paint-Tagging » : l’idée est de réaliser un dessin à l’aide d’une craie, dessin amené à disparaître assez rapidement dès les premières pluies (enfin, c’est ce qu’ils disent).
Chalk-tagging pour Transavia

Chalk-tagging pour Transavia

Chapitre 2. Problématique légale

Section 2.1. Ce qu’en disent certains

D’après les sociétés spécialisées dans la publicité de ce type, la situation serait bien claire (lorsqu’elles abordent le sujet) : si le chalk-tagging peut être soumise à autorisation, le reverse-tagging serait autorisé à défaut d’être interdit.

Le Water-tagging serait autorisé

Le Water-tagging serait autorisé

Section 2.2. Ce que dit la loi

L’article 322-1 du Code pénal4 dispose :

Le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3 750 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger.

La formulation de cet article est diablement large en réalité : « Le fait de tracer des inscriptions…  » .

Pour autant, il faut qu’un dommage léger résulte de ces inscriptions, signes ou dessins.

Section 2.3. Mon avis

2.3.1. Une inscription ?

Pour rappel, le mot « inscription » trouve son étymologie dans le mot latin « scribo » qui signifie simplement écrire.

Dès lors, comment dire que le reverse-tagging ne serait pas une inscription ? ou une technique permettant d’écrire un message ?

2.3.2. L’existence d’un dommage léger

Concernant le « dommage léger » , les personnes qui utilisent ces techniques soulignent qu’aucun dommage ne résulte de leurs inscriptions (voir même, au contraire, puisqu’ils lavent le trottoir)…

A mon sens, s’ils peuvent avoir raison concernant le dommage physique (et encore), je ne suis pas certain que leurs inscriptions ne causent pas de dommages esthétiques à l’espace public (surtout dans le cadre de publicités).

2.3.3. Conclusion

Ainsi, je pense que l’article 322-1 du Code pénal4 est tout à fait applicable à l’ensemble des ces techniques : tant le chalk-tagging que le reverse-tagging (sans autorisation) me semblent interdits par la lettre et l’esprit de l’article 322-1 du Code pénal4.

 

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Un commentaire

  1. Une pratique qui se développe de plus en plus, ce sont les autocollants sur les voitures (garées sur les pistes cyclables essentiellement). Il en existe qui s’enlèvent facilement et sans traces, d’autres qui s’arrachent mal et demandent un nettoyage. Mais ni l’un ni l’autre n’est une « inscription », d’ailleurs, en le collant sur la vitre, on est certain de ne causer aucun dommage à la voiture.
    Pensez-vous que cela rentrerait dans le cadre de cette loi ?

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